Note utilisateur: 5 / 5

Etoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles actives
 

 

Il s'y re­voit en­core. On était en juillet 2010. « Il fai­sait une cha­leur in­croyable. » Ro­main Tho­mas, pas conser­vé par le Stade Brestois, était alors au mi­lieu d'autres foot­bal­leurs sans club, dans la touf­feur écra­sante d'un stage UNFP à Beau­vais. « On était tous dans la même ga­lère, ça a été une belle ex­pé­rience hu­maine », ra­conte au­jourd'hui le grand (1,93m) dé­fen­seur central. Un mo­ment char­nière, donc. « Je me suis af­fû­té phy­si­que­ment, en­durci men­ta­le­ment. »

Le Lan­der­néen sor­tait d'une sai­son blanche avec son club for­ma­teur. Une drôle de claque alors que sa pre­mière sai­son pro s'était sol­dée par trois appa­ri­tions en Li­gue 2 et la suivante par un prêt réus­si à Pacy-sur-Eure, en Na­tio­nal. « Mais je n'en veux à per­sonne, sur­tout pas », dit-il.

Bon­heur par­ta­gé

Un coup de fil, un seul, va fi­na­le­ment tout chan­ger. Alors que Franck Ker­di­lès, l'entraî­neur de Pla­ben­nec, avait « très gen­ti­ment accepté que j'aille m'entraî­ner avec eux, Denis Re­naud m'a ap­pe­lé. Jusque-là, je n'avais eu au­cun contact, sauf avec un club de D2 hol­lan­daise ».

L'homme n'y ré­flé­chit pas à deux fois. Il file à Car­que­fou, en CFA, où le destin va de nou­veau frap­per. « La deuxième sai­son, on est mon­té en Na­tio­nal. Il nous fal­lait au moins un nul à Con­car­neau. On avait fini avec un nombre re­cord de points : 105, comme Lu­çon ! » En sor­tant du ter­rain, Ro­main en­lace les siens. Yves, son père, s'en souvient : « Il m'a dit : " Tu te rends compte papa, je vais avoir deux entraî­ne­ments par jour ! ". Pour lui, c'était déjà extra­or­di­naire », ra­conte ce­lui qui fut son pre­mier édu­ca­teur.

Au mo­ment de ti­rer sur le fil du pas­sé, Ro­main n'ou­blie d'ailleurs pas de re­mercier. « Si j'en suis là au­jourd'hui, c'est grâce à mes parents. Lorsque j'ai in­té­gré le centre de for­ma­tion du Stade Brestois, à 14 ans, j'ai conti­nué de vivre à la mai­son. Ils al­laient me cher­cher à la sor­tie du col­lège Saint-Jo­seph. Un goû­ter m'at­ten­dait dans la voi­ture et on fi­lait à l'entraî­ne­ment. » Sou­venirs at­ten­dris de ses jeunes an­nées. « Mon pe­tit frère, Be­noit, était mon pre­mier sup­por­ter et il l'est tou­jours ! On est une fa­mille unie. » Le cercle s'élar­git même jus­qu'à ses mul­tiples entraî­neurs aux Gars d'Ar­vor et au Lan­der­neau FC, dont Ro­nald Férel­lec, son coach en moins de 13 ans. Le ha­sard a d'ailleurs vou­lu que ce der­nier prenne en main l'En Avant de Saint-Re­nan, le fief pater­nel, ce­lui de sa chère grand-mère et de sa tendre com­pagne, Sa­bri­na.

Fris­sons ga­rantis

« Ro­main est l'exemple même du joueur qui s'est ac­cro­ché, té­moigne Oli­vier Tho­mas, son agent et ho­mo­nyme. Il est re­pas­sé par la case ama­teur, il a avan­cé en se re­met­tant sans cesse en question. Je l'ai connu quand il jouait à Car­que­fou. De­puis, il n'a fait que confor­ter ce que je pensais de lui. »

Un achar­né, un vrai, qui est au­jourd'hui l'un des sym­boles de ce Sco d'An­gers dau­phin du PSG. Déjà élu trois fois dans l'équipe type de la Ligue 1, le com­père d'Is­maël Trao­ré (un autre ex-Brestois) y avait pour­tant dé­bar­qué en tant que 4e dé­fen­seur central en 2013. « C'est comme dans un rêve, sou­rit-il. A chaque fois que je rentre dans un stade de L1, j'ai des étoiles dans les yeux. »

Yves et Claire, sa maman, en sont donc quittes pour de sa­crées émo­tions. « Quand la mu­sique re­ten­tit et qu'on le voit rentrer sur le ter­rain, c'est vrai qu'il y a des fris­sons, avoue le pater­nel. En tant que parents, quand vous voyez vos en­fants heu­reux, c'est formi­dable. » Le fiston a dé­cro­ché la lune. Et ça n'a pas fini de faire du bruit dans Lan­der­neau !

Laurent Ri­vier